La réeducation périnéale : fer de lance de l'Ordre.

Vidéos et photos crées et édités par l'Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes

Plaquette crée par l'Ordre des MK bientôt disponible au cabinet.

Nous sommes le 8 mars 2017, journée de la femme si je ne m'abuse et diffusion de la première campagne de l'Ordre des masseurs kinésithérapeutes sur le périnée. 

L'idée est plus qu'alléchante étant donné que l'incontinence urinaire féminine est une des plus grande dépense en santé et extra santé ( couches, protection... ) qui revient à la sécurité sociale et aux usagers.

 

En 2014, j'avais monté un projet pour intervenir dans les collèges avec un parent d’éleves pour minimiser les risques, avertir et guider les jeunes filles vers une meilleure conscience de leur périnée ; de ce fait, je trouve très intéressant que l'Ordre des Kinésithérapeutes s'intéresse au moins aux sportives ( les filles de 15 ans sportives peuvent être concernées de même que les sportives de l'INSEP seraient pour la plupart incontinentes d'après une étude réalisée par la gynécologue en faction en 2014 ), aux hommes ( même si je ne pratique pas cette rééducation, je l'ai diagnostiqué depuis 2013 sur deux patients d'une cinquantaine d'années, actifs, cadres... et la honte par rapport à ce sujet est tenace : en découle un refus de soins ), aux femmes enceintes ( l'incontinence urinaire au premier trimestre de grossesse majore les risques d'une incontinence urinaire d'effort après l'accouchement ), aux femmes ayant un bébé ou l'ayant perdu ( la société occidentale n'aide pas les femmes à reposer le périnée contrairement aux sociétés traditionnelles. Les travaux de Mme De Gasquet a ce sujet sont très intéressants : c'était même l'objet de son premier colloque Culture et Périnée ), aux personnes âgées ( beaucoup de nos patientes pensent que c'est une fatalité arrivant avec l'âge et donc qu'il ne faut pas rééduquer ).

 

 

Si l'Ordre des kinésithérapeutes souhaitait une prise en charge efficace, il réclamerait dans les propositions présidentielles qu'il a soumis aux candidats du 23 avril 2017 un ajustement des prises en charge en rééducation périnéale que celles ci soient faites par une sage femme ( Art. R 4127-318 Code de la santé publique ) ou un kinésithérapeute.

Aucun décret du nouveau Code de la Santé Publique n'a a ce jour été écrit et publié et donc c'est le moment ou jamais pour les instances concernées de défendre le droit de ceux qui les payent et les soutiennent.

Rappelons qu'à l'heure actuelle, le kiné ne peut prendre une femme en post partum que 90 jours après l'accouchement tandis que la sage femme en post partum immédiat. Les techniques utilisées sont souvent les mêmes, les formations sont souvent partagées... rien ne différencie nos métiers dans cette prise en charge là, en atteste nos certificats et nos études.

 

Pour les patients, sachez qu'en post partum immédiat, seul une prise en charge IMMEDIATE a démontré une efficacité probante et que le délai de 90 jours (Art. R4321-5 Code de la santé publique )  est souvent trop long [1] pour permettre une rééducation efficace.

Pour celles qui allaiteraient, le problème se pose moins puisqu'hormonalement, tant que vous allaitez, votre périnée le subit... et change au fil des jours. Et seul l'arrêt de l'allaitement pourra dire si les résultats de votre rééducation on été probants ou non. 

 

Pour ma part, prenant en charge les patientes en rééducation périnéale, je déplore souvent de n'avoir que la partie abdominale sans transmission de la part des sages femmes sur la conduite de la rééducation périnéale. Et puis, de vous à moi, si les kinésithérapeutes passent des formations ( qui coûtent chères ) ce n'est pas pour n'avoir qu'une partie de la prise en charge de leurs patientes !


Au cabinet, nous sommes deux femmes à pouvoir vous prendre en charge si vous êtes une femme majeure dans cette problématique. 

 

Pour ma part, j'effectue un bilan initial qui cherche à cerner les connaissances sur le sujet de la patiente avec si nécessaire des images, dessins... ainsi que les difficultés rencontrées. La première séance peut durer jusqu'à une 45 minutes selon les spécificités que l'on rencontre. Cela commence toujours par une discussion habillée avec la patiente pendant laquelle on lui pose beaucoup de questions, parfois très personnelles, parfois moins. Par la suite, si la patiente donne son accord et comprend les enjeux de la rééducation périnéale, je lui demande de se déshabiller. Si possible prévoyez une jupe/robe, vous serez plus à l'aise. Je commence par faire un bilan abdominal que vous escomptiez ou non de faire de la rééducation abdominale après puis un bilan tactile du périnée. 

 

Selon le bilan, plusieurs techniques peuvent vous êtes proposer : le manuel ( deux doigts intra vaginaux ), l'électrostimulation ( une sonde par laquelle passe un courant électrique qui stimule le muscle ), le biofeedback ( une sonde qui enregistre vos contractions et vous permet de travailler selon plusieurs exercices que l'on détermine en fonction de vos résultats de bilan ), l'épineo ( si à la base c'est un outil de préparation du périnée pour l'accouchement, j'ai déjà été amenée à l'utiliser quand les patientes oublient leur sonde - généralement, après cela ne se reproduit plus - et le côté manométrique est très intéressant ).

 

Entre 6 et 8 séances sont nécessaires pour savoir si la rééducation périnéale est une option envisageable. Si nous observons pas de progrès après 6 séances, on peut convenir qu'un rendez vous chez le médecin est nécessaire et qu'un traitement médical ou chirurgical est préférable.

 

En post partum compter 10 séances de rééducation périnéale + 10 séances abdominales 

En ménopause compter entre 10 et 20 séances de rééducation périnéale

Entre et si vous êtes sportive, malheureusement beaucoup de facteurs influencent les résultats et vos projets personnels. Aucune statistique ne pourra vous garantir que vous aurez des résultats probants en 10 séances seulement. 


bibliographie

[1] : Bébé est là, Vive Maman Les suites de couches de De Gasquet and Co Edition Robert Jauze

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